L’initiative populaire «Contre l’immigration de masse», acceptée à une courte majorité en 2014, a placé le Conseil fédéral et le Parlement face à des défis majeurs. Une mise en œuvre trop stricte aurait mis un terme à la voie bilatérale avec l’Union européenne (UE), alors que cette solution mise en place avec notre premier partenaire commercial, et de loin, est couronnée de succès. Une mise en œuvre trop souple serait restée sans effet. C’est ainsi que les autorités ont introduit une obligation d’annoncer les postes vacants. En vertu de cette obligation, les employeurs de professions où le taux de chômage atteint ou dépasse les 5% sont tenus d’annoncer tous les postes vacants aux offices régionaux de placement (ORP). Un poste peut faire l’objet d’une annonce publique seulement si les ORP ne sont pas en mesure de proposer un candidat qui convienne. Selon le dernier rapport du Seco, l’obligation d'annoncer les postes vacants est efficace.

Chômage: au plus bas depuis 20 ans

Le taux de chômage, déjà faible en 2018, a poursuivi son recul en 2019. Il se situait à 2,3% en moyenne. La dernière fois qu’un tel taux a été mesuré c’était au début des années 2000. Alors, le taux de chômage était même passé en dessous de la barre des 2%. L’évolution des chiffres du chômage en 2019 confirme cette tendance baissière. Le nombre de personnes inscrites au chômage a ainsi reculé de près de 10% pour atteindre 106 932 en moyenne annuelle.

L’obligation d’annoncer les postes vacants est efficace, l’initiative de résiliation des accords bilatéraux n’a pas lieu d’être

Le faible niveau des chiffres du chômage est une bonne nouvelle. Il montre clairement que la mise en œuvre de l’initiative «Contre l’immigration de masse» et l’introduction de l’obligation d’annoncer les postes vacants ont porté leurs fruits. Par conséquent, nous n’avons pas besoin de l’initiative de résiliation des accords bilatéraux. D’une part, la situation sur le marché du travail est meilleure que ces 20 dernières années. D’autre part, les entreprises implantées en Suisse ont besoin de main-d’œuvre qualifiée de l’UE et donc de l’accord sur la libre circulation des personnes. Dans ce contexte, ouverte+souveraine vous recommande de rejeter l’initiative populaire soumise au vote en mai 2020, d’autant plus qu’elle entraînerait la disparition de la voie bilatérale en raison de la clause «guillotine».