De manière générale, nous nous sommes habitués à ne plus remarquer les frontières. Jusqu’au mois de mars 2020, cette situation était normale. Mais en raison de la crise sanitaire liée à l’épidémie du coronavirus, l'état d'urgence a été décrétée dans plusieurs États du monde, dont la Suisse. C'est pourquoi il est tout à fait normal que désormais l'accent soit sur la protection et la santé de la population que sa liberté de voyager librement.
 

Contrôles systématiques aux frontières grâce à l'adhésion à l’accord de Schengen

Le Conseil fédéral l’a affirmé à plusieurs reprises depuis quelques semaines. Afin de contrer la propagation des infections et de maintenir à flot les capacités du système de santé suisse, il a progressivement restreint l'entrée dans notre pays. Au départ, l'interdiction d'entrée s'appliquait aux voyageurs en provenance d'Italie, de France, d'Allemagne, d'Autriche, d'Espagne et de tous les pays n’appartenant pas à l’espace Schengen. Mais le gouvernement suisse ne s’est pas arrêté là, et a fait un pas supplémentaire. À l'exception de la Principauté du Liechtenstein, l'entrée en Suisse est généralement interdite – y compris pour les pays de l'espace Schengen. Seules les personnes qui doivent venir dans notre pays pour des raisons professionnelles, qui disposent d’un droit de séjour ou qui se trouvent dans une situation d'urgence absolue sont autorisées à franchir la frontière. Précisons que le transit et le trafic de marchandises sont toujours autorisés.
 

L'accord sur la libre circulation des personnes autorise des restrictions temporaires à la circulation des individus

En Suisse, des voix s'élèvent, de manière récurrente, pour exiger la suppression de l'accord sur la libre circulation des personnes, ainsi que celui de Schengen. Pour quelles raisons ? Les Suisses doivent reprendre le contrôle de leurs frontières nationales et être en mesure de les fermer en cas d'urgence. Or, la situation actuelle est la démonstration même, que cela est déjà possible aujourd'hui avec l'actuel accord sur la libre circulation des personnes. Selon une communication du Département fédéral de justice et police, les parties contractantes sont en effet habilitées à restreindre la circulation des personnes pour des raisons d'ordre, de sécurité et de santé publics.
 

Ensemble, plutôt que les uns contre les autres en temps de crise

Grâce à son adhésion à l’accord de Schengen, la Suisse a pu reprendre les contrôles systématiques aux frontières extérieures de Schengen dans un délai très court. Par exemple, elle a pu refuser des personnes provenant de pays ne faisant pas partie de l’espace Schengen si elles présentaient des symptômes de maladie, ou avaient été dans des régions à risque. En outre, notre pays a la possibilité de fermer les frontières intérieures de Schengen en cas d'urgence. Autrement dit : les deux traités ont fait leurs preuves lors de la crise sanitaire actuelle du coronavirus. Nous devons préserver ces accords, et non pas les torpiller. En particulier en temps de crise, nous devrions tous nous rassembler et trouver les meilleures solutions possibles au-delà des frontières nationales. Par contre, faire cavalier seul, ou imposer une fermeture permanente des frontières comme le demandent certains, ne permettra pas d'obtenir les résultats escomptés.